Des économies ???

Publié le 21 Avril 2017

A ceux qui se réjouiraient que la commune dispose d’un si confortable « matelas » financier, peut-être est-il nécessaire d’attirer leur attention sur la façon dont les économies correspondantes sont réalisées.
En effet, si la recherche d’une optimisation financière des recettes et des dépenses peut présenter un intérêt, surtout dans un contexte contraint, il ne faut pas tomber dans l’excès et la recherche inconsidérée d’économies, qui n’aboutit au final qu’à une recherche de la moindre intervention de la collectivité, ce qui n’est pas son objet. Et, pour faire un parallèle avec le précédent article, les administrés paient des impôts locaux, pour un service public local dont ils attendent beaucoup, en tout cas, plus que ce qu’ils obtiennent aujourd’hui.
A titre d’exemple, les travaux d’entretien de la voirie communale. Quand la commune est-elle intervenue en termes de réfection de voirie récemment ? Les trottoirs le long de la 6015 ont été réalisés par la CODAH. La rue de 19 mars a été prise en charge dans le cadre de l’aménagement de la ZAC de Gerville.
Toujours est-il que la voirie, sur le territoire de la Commune, est aujourd’hui dans un état déplorable. Les plus grandes interventions en la matière ne sont que de simples cache-misère, avec au mieux, quelques nids-de-poule rebouchés ici et là, aucuns travaux d’ampleur.
Pour preuve, le montant inscrit au budget 2017 à ce sujet est de 5 000 €, identique au budget 2016. Or, il est intéressant de noter que sur 2016, seuls 2 248.46 € ont été dépensés. C’est peu quand on sait le coût que représente une réfection globale de voirie.
Voilà le genre d’économies que l’on nous propose. Or, comme tout matériel qui n’est pas entretenu régulièrement, à un moment donné, les dégradations sont telles qu’il faut tout remplacer. Or, le coût de la réfection totale d’une voirie peut être faramineux. En conséquence, ce seront les prochains élus qui devront gérer ce dossier, et la population faire face à cette lourde charge, ce qui en soit est honteux, tout comme l’est le fait de laisser une voirie utilisée quotidiennement par ses propres administrés se dégrader sans mot dire, ni agir.
Une autre façon dont sont réalisées des économies est la recherche permanente de l’entreprise la moins-disante lors de l’élaboration d’un marché public, celle dont le coût d’intervention est le moins élevé donc. Mais ce n’est qu’une solution de court terme. La loi impose de rechercher la mieux-disante, celle dont l’offre correspond le mieux à la demande, et donc, pas forcément la moins chère, ce que les élus de la majorité privilégie toujours, avec des arguments à l’autorité toute relative tels que « les entreprises recherchent des marchés à tout prix et donc diminuent le montant de leurs offres, quittes à peut-être perdre de l’argent ». Ils ne s’interrogent d’ailleurs pas sur la qualité du travail rendu, ni des conditions dans lesquelles ce travail est effectué.
En outre, entretenir cet état de fait amène à des conséquences désastreuses : ainsi, l’entreprise de couverture GAQUEREL, bien connue dans la région, retenue sur le marché de l’école, vient de mettre la clé sous la porte, occasionnant le licenciement d’une quarantaine de salariés.
Enfin, et de façon récurrente à chaque conseil municipal, tous ces chantiers font l’objet d’avenants aux marchés de travaux, parce que des prestations ont été « oubliées », qu’il faut corriger certains soucis, qu’il y a des prestations à rajouter parce que non prévues, etc. Au final, tout cela augmente le coût initial du marché, au préjudice de la collectivité.
La recherche de la moindre dépense est, on le constate, une « solution » de très court terme, et un très mauvais calcul à long terme.

Rédigé par Dynamiser Gainneville

Publié dans #Aménagement, #Collectivités, #Démocratie

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